
Les péchés les plus grands
Hiérarchie de l’Église et for de la pénitence (France, Angleterre, XIIIe-XVe siècle)
Le décret Si quis suadente en 1131 établit le premier cas réservé
connu : il définit une excommunication ipso facto contre ceux qui
frappent un clerc et en réserve l'absolution au pape. À la fin du XIIe
siècle, les évêques à leur tour excluent les "plus grands péchés" de la
compétence pénitentielle des prêtres de paroisse. Le nombre de "cas
réservés" ne fait que croître jusqu'à la fin du Moyen Age : la papauté
comme l'épiscopat y trouvent un moyen d'affirmer leur autorité. Leur
étude met en valeur la construction de la hiérarchie de l’Église,
notamment par les formes de mobilisation du for de la pénitence. À
l'échelon diocésain, cette catégorie permet aux évêques d'affirmer les
spécificités de leur ministère, par leurs compétences pénitentielles qui
en font des relais de la grâce divine. Sources canoniques, archives des
officialités, suppliques de la Pénitencerie apostolique éclairent ces
cas réservés dans leur complexité, comme un véritable nœud entre les
différents éléments et degrés de la juridiction spirituelle.
En coédition avec Société d'histoire religieuse de la France.
Avec le soutien du CERHiC de l'université de Reims Champagne-Ardenne.
Création, définition, développement
- Naissance et normativisation de la réserve, milieu XIIe-XIIIe siècle
- Une norme claire à la fin du XIIIe siècle ?
- Les cas réservés ont-ils un sens ? Essai de typologie, XIIIe-XVe siècle
Un enjeu pastoral et ecclésiologique
- Les cas réservés et la pastorale de la pénitence
- Cas réservés et pratique judiciaire
- L’Église au miroir des cas réservés
